- 10 sept.
Les 10 erreurs de respiration que presque tout le monde fait
- Academie des Sciences Védiques
- Pranayama
- 0 comments
Nous respirons toute la journée sans y penser. Pourtant, respirer automatiquement ne signifie pas toujours respirer de la manière la plus confortable ou la plus efficace.
Stress, travail devant un écran, posture, habitudes, sommeil, activité physique : notre façon de respirer peut progressivement changer sans que nous en ayons conscience.
Le plus étonnant ? Lorsque nous essayons de « mieux respirer », nous commettons parfois une erreur supplémentaire : nous cherchons immédiatement à prendre de très grandes inspirations.
Or, mieux respirer ne signifie pas forcément respirer davantage.
Une respiration fonctionnelle au repos est généralement calme, souple, silencieuse et principalement nasale, avec une participation naturelle du diaphragme. Certaines personnes développent au contraire une respiration rapide, haute, irrégulière ou excessivement ample, parfois as/sociée à des soupirs fréquents, des tensions dans le cou ou une sensation de ne jamais avoir assez d’air.
Et c’est précisément là que le Yoga et le Prāṇāyāma deviennent intéressants : ils nous apprennent d’abord à observer le souffle avant de chercher à le contrôler.
Les 10 erreurs de respiration les plus fréquentes
Respirer principalement par la bouche au repos
Respirer uniquement dans le haut de la poitrine
Croire qu’il faut toujours respirer « le plus profondément possible »
Respirer trop vite sans s’en rendre compte
Gonfler le ventre de force
Négliger l’expiration
Forcer les rétentions du souffle
Respirer avec les épaules, le cou et la mâchoire contractés
Utiliser la même technique respiratoire dans toutes les situations
Ignorer les signaux indiquant qu’un problème respiratoire mérite d’être évalué
Voyons maintenant pourquoi.
Erreur n°1 : respirer principalement par la bouche au repos
La bouche peut évidemment servir à respirer. Pendant un effort intense, lorsque le nez est congestionné ou dans certaines situations particulières, la respiration buccale peut être nécessaire.
Mais au repos, le nez est normalement la voie privilégiée.
Pourquoi ?
Parce que les fosses nasales participent à la filtration, au réchauffement et à l’humidification de l’air inspiré avant son arrivée dans les voies respiratoires.
Une respiration buccale persistante peut notamment être associée à une bouche sèche, des ronflements ou une congestion nasale sous-jacente. Elle ne doit donc pas toujours être considérée comme une simple « mauvaise habitude ». Une obstruction nasale, des allergies, une déviation de la cloison ou d’autres problèmes peuvent rendre la respiration nasale difficile.
Le bon réflexe
Lorsque vous êtes au repos et que votre nez est libre, observez simplement :
est-ce que votre respiration entre et sort naturellement par le nez ?
Ne forcez jamais la respiration nasale si vous ne pouvez pas respirer correctement par le nez.
Erreur n°2 : respirer uniquement dans le haut de la poitrine
Posez une main sur votre poitrine et l’autre sous les côtes.
Respirez normalement.
Vos épaules se soulèvent-elles à chaque inspiration ? Votre cou travaille-t-il ? La partie supérieure de votre poitrine bouge-t-elle énormément alors que la zone abdominale reste presque immobile ?
Une respiration très haute peut indiquer que les muscles accessoires du cou et du thorax participent davantage au travail respiratoire.
Le diaphragme est pourtant le principal muscle de la respiration. Lorsqu’il se contracte pendant l’inspiration, il descend et crée l’espace nécessaire à l’expansion des poumons. Ce mouvement entraîne naturellement une expansion de la partie basse du thorax et un déplacement doux de l’abdomen.
Cela ne signifie pas que la poitrine ne doit jamais bouger.
Une respiration naturelle est tridimensionnelle.
Le problème apparaît surtout lorsque chaque petite respiration devient un effort visible impliquant épaules, cou et haut du thorax.
Essayez ceci
Posez une main sous les côtes.
Inspirez doucement par le nez.
Au lieu de « gonfler le ventre », laissez simplement la partie basse du tronc s’élargir naturellement.
Les épaules restent détendues.
Erreur n°3 : croire que « respirer profondément » signifie remplir les poumons au maximum
C’est probablement l’une des erreurs les plus répandues.
Quelqu’un est stressé et on lui dit :
« Prends une grande inspiration ! »
La personne aspire alors énormément d’air, gonfle la poitrine, relève les épaules et recommence plusieurs fois.
Mais une respiration volontairement trop ample ou trop rapide peut contribuer à une sur-respiration. Lorsqu’on ventile davantage que ce dont le corps a besoin, le taux de dioxyde de carbone dans le sang peut diminuer et provoquer des sensations telles que vertiges, fourmillements, oppression ou impression paradoxale de manquer d’air.
Voilà pourquoi :
plus profond n’est pas toujours mieux.
Le souffle recherché dans une pratique apaisante est davantage :
lent, doux, régulier et confortable.
Pas maximal.
Erreur n°4 : respirer trop vite sans s’en rendre compte
Le stress peut modifier spontanément notre respiration.
Elle devient parfois :
plus rapide,
plus courte,
plus irrégulière,
plus haute.
Le problème est que cette manière de respirer peut ensuite devenir habituelle, même lorsque le facteur de stress a disparu.
Les recherches sur la respiration volontairement lente montrent des modifications de paramètres liés à la régulation autonome et à la variabilité de la fréquence cardiaque. Les résultats sont suffisamment intéressants pour expliquer l’utilisation croissante des exercices respiratoires dans les approches de relaxation, même si les effets dépendent de la méthode et de la population étudiée.
À retenir
Vous n’avez pas besoin de compter chacune de vos respirations pendant toute la journée.
Commencez plutôt par observer :
Est-ce que je respire calmement lorsque je suis assis sans faire d’effort ?
Cette simple prise de conscience change déjà beaucoup de choses.
Erreur n°5 : « respirer par le ventre » en poussant volontairement l’abdomen
On entend souvent :
« Gonfle le ventre à l’inspiration. »
Cette instruction peut aider un débutant à percevoir le mouvement diaphragmatique.
Mais elle est parfois mal comprise.
L’air ne descend évidemment pas dans le ventre.
Lorsque le diaphragme descend pendant l’inspiration, les structures abdominales se déplacent légèrement, ce qui produit naturellement un mouvement visible du ventre.
Il n’est donc pas nécessaire de pousser volontairement l’abdomen comme un ballon.
Une respiration diaphragmatique doit rester souple.
Le test simple
Allongez-vous.
Posez une main sur le haut de votre poitrine et l’autre sous vos côtes.
Inspirez doucement par le nez.
La main inférieure devrait sentir un mouvement naturel, tandis que le haut du thorax reste relativement calme. C’est également l’un des exercices utilisés pour apprendre la respiration diaphragmatique.
Erreur n°6 : penser uniquement à l’inspiration et oublier l’expiration
Lorsque quelqu’un veut « avoir plus d’air », son attention se porte presque toujours sur l’inspiration.
Encore de l’air.
Encore une grande inspiration.
Encore davantage.
Mais le cycle respiratoire possède deux grandes phases :
inspiration et expiration.
Dans de nombreuses pratiques respiratoires lentes, on porte autant — parfois davantage — d’attention à une expiration calme et progressive.
Une expiration légèrement prolongée peut être confortable dans certaines pratiques de relaxation, mais il n’est pas nécessaire de vider brutalement les poumons ni d’imposer un rapport mathématique à tout le monde.
L’objectif est la fluidité, pas la performance.
Si, après une longue expiration, votre inspiration suivante ressemble à une urgence, vous êtes probablement allé trop loin.
Erreur n°7 : retenir son souffle le plus longtemps possible
Dans le Yoga, Kumbhaka, la rétention du souffle, appartient aux pratiques du Prāṇāyāma.
Mais cela ne signifie pas :
« Voyons combien de temps je peux tenir. »
La rétention n’est pas une compétition.
Certaines techniques traditionnelles sont progressives et peuvent nécessiter un enseignement approprié.
Le Dr David Frawley rappelle lui-même dans ses enseignements sur le Prāṇāyāma que la finalité yogique ne consiste pas simplement à retenir mécaniquement sa respiration. Il distingue clairement le souffle physique du concept plus vaste de Prāṇa.
Si une rétention provoque une lutte, une forte pression, des vertiges ou un besoin urgent d’air :
arrêtez et revenez à une respiration normale.
La maîtrise du souffle ne naît pas de la violence faite au souffle.
Erreur n°8 : respirer avec les épaules, la mâchoire et le cou contractés
Observez quelqu’un à qui l’on demande :
« Respirez profondément. »
Très souvent :
les épaules remontent,
le cou se contracte,
la mâchoire se serre,
la poitrine se gonfle.
Tout le corps semble travailler pour produire une seule respiration.
Or, dans les programmes de rééducation respiratoire, le relâchement du cou et des épaules fait partie des éléments recherchés pour retrouver une respiration plus confortable.
Avant de changer votre respiration, essayez donc quelque chose de beaucoup plus simple :
desserrez la mâchoire.
Puis relâchez les épaules.
Puis observez le souffle.
Vous constaterez parfois qu’il change sans même avoir besoin de le contrôler.
Erreur n°9 : utiliser la même respiration pour tout
C’est ici que le Prāṇāyāma devient beaucoup plus subtil que les conseils respiratoires que l’on rencontre sur les réseaux sociaux.
Il n’existe pas une seule respiration idéale pour :
se réveiller,
faire du sport,
méditer,
se concentrer,
s’endormir,
ou se calmer après une journée stressante.
Le Yoga possède précisément plusieurs techniques respiratoires parce qu’elles n’ont pas toutes la même qualité.
Nadi Shodhana n’est pas Bhastrika.
Bhrāmarī n’est pas Kapalabhati.
Une respiration lente n’a pas la même dynamique qu’une technique volontairement rapide.
Une méta-analyse publiée en 2025 sur le Prāṇāyāma dans les troubles mentaux a d’ailleurs relevé davantage d’événements indésirables avec certaines pratiques rapides qu’avec les pratiques lentes, tout en soulignant que les données disponibles restent limitées.
La vraie question n’est donc pas :
« Quel est le meilleur Prāṇāyāma ? »
Mais :
« Quelle pratique convient à ce moment, à cette personne et à cet objectif ? »
Erreur n°10 : vouloir tout résoudre avec la respiration
La respiration est un outil remarquable.
Mais ce n’est pas une réponse universelle à tous les symptômes.
Une difficulté persistante à respirer par le nez peut, par exemple, être liée à une obstruction ou à une congestion qu’il convient d’évaluer. Une respiration buccale chronique, des ronflements importants ou des troubles du sommeil méritent également une attention particulière.
De même, un essoufflement inhabituel, des douleurs thoraciques, une respiration sifflante ou un malaise ne doivent pas être simplement interprétés comme un « blocage énergétique ».
La pratique du souffle accompagne la santé.
Elle ne remplace pas un diagnostic médical lorsque celui-ci est nécessaire.
Comment savoir si vous respirez correctement ?
Faites ce petit test sans essayer de modifier quoi que ce soit.
Asseyez-vous confortablement pendant une minute.
Fermez les yeux.
Observez votre souffle.
Est-il silencieux ?
Passe-t-il naturellement par le nez ?
Vos épaules bougent-elles beaucoup ?
Votre abdomen et vos côtes basses accompagnent-ils doucement la respiration ?
Avez-vous l’impression de devoir régulièrement prendre une énorme inspiration ou de soupirer ?
Votre mâchoire est-elle détendue ?
Sentez-vous une petite pause naturelle après l’expiration ?
L’objectif n’est pas d’obtenir une respiration « parfaite ».
Il est simplement de découvrir comment vous respirez réellement lorsque vous ne contrôlez rien.
Cette observation constitue déjà une forme élémentaire de conscience du souffle.
Un exercice simple pour retrouver une respiration plus calme
Asseyez-vous avec le dos confortablement soutenu.
Relâchez les épaules et la mâchoire.
Posez une main sous les côtes.
Respirez doucement par le nez si votre nez est libre.
Laissez l’inspiration apparaître sans chercher à remplir les poumons au maximum.
Puis laissez l’expiration devenir légèrement plus lente et plus longue, sans pousser.
Répétez quelques cycles.
Si vous ressentez des vertiges ou un inconfort, revenez immédiatement à votre respiration naturelle.
Le but n’est pas de contrôler davantage.
Le but est souvent de faire moins.
Respirer n’est pas encore pratiquer le Prāṇāyāma
Cette distinction est essentielle.
Dans le langage moderne, le Prāṇāyāma est souvent traduit par :
« exercices de respiration ».
Mais dans la tradition du Yoga, son sens est plus vaste.
Le souffle constitue l’un des principaux moyens de travailler avec le Prāṇa, mais Prāṇa ne désigne pas simplement l’oxygène ni la respiration mécanique.
Dr David Frawley insiste précisément sur cette distinction : le souffle est un moyen privilégié d’agir sur le Prāṇa, tandis que le concept de Prāṇa appartient à une vision plus large de l’énergie vitale dans le Yoga et l’Ayurveda.
C’est pourquoi une véritable étude du Prāṇāyāma ne consiste pas à collectionner des techniques.
Elle apprend progressivement :
à observer,
à réguler,
à ralentir,
à équilibrer,
puis à comprendre la relation entre souffle, attention et mental.
Les recherches modernes sur le Prāṇāyāma sont encourageantes dans plusieurs domaines physiologiques et psychologiques, mais les études restent hétérogènes et des essais de meilleure qualité sont encore nécessaires.
La respiration : le pont que nous oublions
Le souffle possède une particularité fascinante.
Il fonctionne automatiquement.
Vous n’avez pas besoin de penser :
« Maintenant, inspire. Maintenant, expire. »
Mais vous pouvez aussi le modifier volontairement.
Accélérer.
Ralentir.
Allonger.
Suspendre.
Observer.
Peu de fonctions du corps possèdent cette double nature aussi évidente.
C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles les traditions du Yoga ont accordé une place si importante au souffle.
Entre le corps et le mental se trouve quelque chose que nous faisons depuis notre premier instant de vie :
respirer.
Et parfois, avant de rechercher une nouvelle technique, il suffit de retrouver le rythme que nous avons progressivement perdu.
Questions fréquentes sur la respiration
Faut-il respirer par le nez ou par la bouche ?
Au repos, lorsque les voies nasales sont dégagées, la respiration nasale est généralement privilégiée. Le nez filtre, humidifie et réchauffe l’air. Pendant un effort intense ou en cas d’obstruction nasale, la respiration par la bouche peut cependant être normale ou nécessaire.
Faut-il respirer avec le ventre ou avec la poitrine ?
Il ne s’agit pas de choisir exclusivement l’un ou l’autre. Le diaphragme joue un rôle majeur dans la respiration et son mouvement entraîne une expansion naturelle de la région basse du thorax et de l’abdomen. L’erreur consiste surtout à forcer le ventre ou à respirer constamment avec une forte tension dans le haut du thorax.
Pourquoi ai-je des vertiges quand je respire profondément ?
Respirer trop vite ou prendre volontairement des respirations très importantes peut provoquer une sur-respiration et diminuer le dioxyde de carbone sanguin. Cela peut entraîner vertiges, fourmillements ou sensation d’inconfort.
Quelle respiration utiliser contre le stress ?
Les techniques respiratoires lentes sont les plus étudiées dans ce contexte et sont associées à des changements de la régulation autonome et de la variabilité cardiaque. Elles doivent néanmoins rester confortables et ne remplacent pas une prise en charge médicale ou psychologique lorsqu’elle est nécessaire.
Qu’est-ce que la respiration diaphragmatique ?
Il s’agit d’une respiration où le mouvement du diaphragme est utilisé efficacement, avec une expansion douce de la région basse du thorax et de l’abdomen, tandis que les épaules et le haut de la poitrine restent relativement détendus.
Quelle différence entre respiration et Prāṇāyāma ?
La respiration est une fonction physiologique naturelle. Le Prāṇāyāma est une discipline yogique de régulation du souffle associée traditionnellement au travail avec le Prāṇa. Il comprend différentes méthodes, rythmes et, dans certaines pratiques avancées, des rétentions.
Pour aller plus loin : redécouvrir l’art du souffle
Si ce sujet vous parle, c’est précisément la question explorée dans :
Le Rythme perdu du souffle — Pratiques anciennes de Prāṇāyāma pour la vie moderne
L’ouvrage explore le souffle au-delà des exercices rapides trouvés sur Internet : histoire du Prāṇāyāma, fonctionnement de la respiration, Prāṇa, pratiques traditionnelles et manière de réintroduire progressivement le travail respiratoire dans la vie moderne.
L’ouvrage est accompagné d’une préface du Dr David Frawley – Pandit Vamadeva Shastri.
→ Découvrir le livre sur le Prāṇāyāma et le souffle
Votre prochaine étape
Vous venez de découvrir certaines des erreurs qui peuvent modifier notre manière de respirer. Mais apprendre le souffle ne consiste pas seulement à les corriger : il s’agit progressivement de comprendre Prāṇa, Prāṇāyāma et la relation entre respiration, Yoga et mental.
→ Je veux apprendre à utiliser le souffle
→ Je veux étudier Yoga, Ayurveda, Prāṇāyāma, Mantra & Méditation en profondeur